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Incoterms : comprendre les règles du commerce international
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Guide
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Temps de lecture : 9 min
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Assurance de marchandises
Sommaire
Les Incoterms 2020 sont 11 règles commerciales à trois lettres qui répartissent les coûts, les obligations et les risques entre vendeur et acheteur dans une vente de marchandises. Ils précisent notamment le lieu de livraison et le moment du transfert des risques, mais ne constituent ni une assurance, ni une règle de transfert de propriété.
Que sont les Incoterms 2020 et à quoi servent-ils ?
Les Incoterms 2020 sont des règles publiées par la Chambre de commerce internationale pour encadrer les contrats de vente de marchandises. Entrée en vigueur le 1er janvier 2020, cette édition reste la référence en 2026. Chaque terme répartit les obligations, les coûts, la livraison et les risques entre le vendeur et l’acheteur, sans régler le prix, le paiement, le transfert de propriété ou les litiges.
Un Incoterm ne remplace donc pas le contrat commercial. Il ne détermine pas non plus automatiquement les garanties d’assurance, les pénalités de retard ou les documents exigés. Pour être exploitable, il doit être associé à un lieu précisément identifié et à la mention de l’édition applicable, par exemple : FCA Lyon, Incoterms 2020. Les 11 règles Incoterms constituent ainsi un langage commun du commerce international et réduisent les incertitudes sur la prise en charge des opérations.
Quelles sont les 11 règles Incoterms et quels transports couvrent-elles ?
Les 11 règles Incoterms 2020 se répartissent en deux groupes : sept règles utilisables pour tous les modes de transport et quatre règles réservées au transport maritime ou fluvial. Le choix dépend du trajet réel, du lieu de livraison, de la prise en charge du transport principal et du moment où les risques passent du vendeur à l’acheteur.
| Règle | Transport | Lieu de livraison et transfert des risques | Transport principal et formalités |
|---|---|---|---|
| EXW | Tous modes | Dans les locaux du vendeur, avant le chargement | L’acheteur organise presque tout le transport et l’importation ; le vendeur n’accomplit généralement pas l’export |
| FCA | Tous modes | Au lieu convenu, lors de la remise au transporteur | Le vendeur réalise l’export ; l’acheteur prend en charge le transport principal |
| CPT | Tous modes | Lors de la remise au premier transporteur | Le vendeur paie le transport jusqu’à destination, mais l’acheteur supporte les risques dès la remise |
| CIP | Tous modes | Lors de la remise au premier transporteur | Le vendeur paie le transport et souscrit l’assurance prévue par la règle |
| DAP | Tous modes | À destination, avant déchargement | Le vendeur organise le transport jusqu’au lieu convenu ; l’acheteur importe et décharge |
| DPU | Tous modes | À destination, après déchargement | Le vendeur organise le transport et décharge ; l’acheteur accomplit l’importation |
| DDP | Tous modes | À destination, marchandises prêtes à être déchargées | Le vendeur prend en charge le transport et l’importation, sous réserve des coûts locaux à vérifier |
| FAS | Maritime ou fluvial | Le long du navire au port d’embarquement | L’acheteur charge à bord et organise le transport principal |
| FOB | Maritime ou fluvial | À bord du navire désigné par l’acheteur au port d’embarquement | Le vendeur exporte et charge à bord ; l’acheteur paie le transport principal |
| CFR | Maritime ou fluvial | À bord du navire au port d’embarquement | Le vendeur paie le fret jusqu’au port de destination, mais le risque passe à bord |
| CIF | Maritime ou fluvial | À bord du navire au port d’embarquement | Le vendeur paie le fret et souscrit l’assurance prévue jusqu’au port de destination |
Les règles FAS, FOB, CFR et CIF sont destinées au transport maritime ou fluvial. Elles sont généralement inadaptées à une expédition conteneurisée remise au transporteur avant le chargement à bord : FCA, CPT ou CIP permettent alors de mieux faire correspondre le terme au déroulement réel du transport. DAF, DES, DEQ et DDU ne font plus partie des Incoterms 2020. Le terme DAF incoterm, parfois recherché comme incoterm DAF ou DAF Incoterms, renvoie donc à une règle obsolète.
Comment se répartissent les coûts et les risques entre vendeur et acheteur ?
Le paiement du transport par le vendeur ne signifie pas qu’il conserve les risques jusqu’à la destination. Cette distinction est essentielle avec les règles C : le vendeur paie le transport jusqu’au lieu convenu, mais le risque est généralement transféré à l’acheteur dès la remise au transporteur ou le chargement à bord.
Les règles E, F, C et D correspondent à des niveaux croissants d’engagement du vendeur. Avec EXW, le vendeur met les marchandises à disposition. Avec FCA et les autres règles F, l’acheteur organise le transport principal. Avec CPT, CIP, CFR et CIF, le vendeur paie ce transport, alors que le transfert des risques intervient avant l’arrivée à destination. Avec DAP, DPU et DDP, le vendeur supporte les risques jusqu’au lieu convenu à destination.
La répartition doit aussi couvrir l’emballage, le chargement, le pré-acheminement, les formalités d’export, le transit, le transport principal, le déchargement et l’importation. Le contrat doit préciser l’adresse, le terminal ou le port concernés. Une mention telle que DAP entrepôt de l’acheteur, Incoterms 2020 est plus sûre qu’une simple indication de pays ou de ville.
Comment choisir le bon Incoterm selon la marchandise et la destination ?
Le bon Incoterm dépend du mode de transport, de la marchandise, de la destination et des capacités opérationnelles du vendeur comme de l’acheteur. Il faut également examiner la valeur, la fragilité et la dangerosité des produits, l’accès aux formalités douanières, le contrôle souhaité sur la livraison et le coût global de chaque solution.
- Identifier le transport réel. Pour un acheminement multimodal ou conteneurisé, privilégiez une règle adaptée à la remise au transporteur. Réservez FAS, FOB, CFR et CIF au maritime ou au fluvial.
- Déterminer le niveau de service. EXW laisse l’organisation à l’acheteur, tandis que les règles D conduisent le vendeur jusqu’à la destination. DAP livre sans décharger, DPU livre et décharge, et DDP ajoute les formalités d’importation.
- Vérifier les capacités douanières. EXW peut être inadapté lorsque l’acheteur ne peut pas accomplir les formalités d’exportation dans le pays du vendeur. FCA est souvent plus opérationnel dans ce cas.
- Évaluer le pays de destination. DDP suppose que le vendeur maîtrise la fiscalité, la douane et les obligations d’importation locales. S’il ne dispose pas de cette capacité, DAP ou une autre règle peut limiter les blocages.
- Mesurer les risques et le coût global. La valeur, la fragilité, la dangerosité des marchandises, les délais, les frais de terminal et la couverture d’assurance doivent être comparés avant de retenir le terme.
- Se faire accompagner si nécessaire. Un accompagnement Incoterms par un commissionnaire, un spécialiste du commerce international ou un assureur est utile lorsque la chaîne logistique comporte plusieurs pays, modes de transport ou intervenants.
Sous EXW, le vendeur met les marchandises à disposition dans ses locaux, généralement sans les charger sur le véhicule de collecte et sans les dédouaner à l’export. Cette configuration explique pourquoi l’acheteur doit vérifier sa capacité réelle à organiser le départ.
Quel est l’impact des Incoterms sur les douanes et la livraison ?
Les Incoterms répartissent les formalités d’exportation, de transit et d’importation, mais ils ne remplacent ni les déclarations douanières, ni les licences, ni les certificats, ni les autres obligations réglementaires. La livraison doit être décrite avec précision afin d’identifier la partie responsable du transport, du déchargement et des frais locaux.
| Règle | Export et transit | Importation | Livraison et déchargement |
|---|---|---|---|
| EXW | À la charge de l’acheteur en pratique, même si cette organisation peut être difficile dans le pays du vendeur | Acheteur | Marchandises mises à disposition chez le vendeur, généralement non chargées |
| FCA | Export à la charge du vendeur | Acheteur | Remise au transporteur ou au lieu convenu |
| DAP | Export et transit à la charge du vendeur | Acheteur | Le vendeur livre à destination sans décharger |
| DPU | Export et transit à la charge du vendeur | Acheteur | Le vendeur livre et décharge au lieu convenu |
| DDP | À la charge du vendeur | À la charge du vendeur, droits et formalités inclus selon le contrat | Livraison à destination, avec vérification nécessaire des frais de déchargement et frais locaux |
DPU, ou Delivered at Place Unloaded, a remplacé DAT dans les Incoterms 2020. DAP signifie que le vendeur amène la marchandise à destination sans la décharger. DDP ajoute les formalités d’importation et les coûts et risques jusqu’au lieu convenu, mais certains frais de déchargement, taxes locales, coûts de terminal ou prestations spécifiques doivent être vérifiés dans le contrat de transport.
Les Incoterms imposent-ils une assurance transport ?
Un Incoterm ne constitue pas une police d’assurance et ne garantit pas automatiquement les marchandises. CIF et CIP imposent au vendeur de souscrire une assurance avec des niveaux de couverture différents. Pour les autres règles, notamment CPT et EXW, l’assurance n’est généralement pas imposée au vendeur : la partie qui supporte les risques doit organiser une couverture adaptée au trajet réel.
Le choix d’une assurance transport dépend de la valeur des marchandises, du mode de transport, des exclusions, des franchises, des limites de responsabilité du transporteur, des risques politiques et des exigences contractuelles ou bancaires. La police doit couvrir la période correspondant au transfert effectif des risques, y compris lorsque le vendeur paie le transport jusqu’à la destination sans conserver la responsabilité des dommages.
Une assurance sous EXW ne doit donc pas être confondue avec une garantie incluse dans le terme commercial. De même, une analyse CPT Incoterm assurance doit distinguer le paiement du fret par le vendeur et l’absence habituelle d’obligation d’assurance à sa charge. Les conditions de CIF et de CIP méritent une analyse spécifique : le « CIF », fait l'objet d'un article particulier .
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Comment éviter les litiges liés à un Incoterm mal interprété ?
La prévention des litiges repose sur un terme complet, un lieu de livraison précis et des clauses contractuelles cohérentes. L’Incoterm doit correspondre au contrat de transport, à la facture commerciale, au bon de commande et aux documents douaniers. Les éléments non couverts par la règle doivent être définis séparément.
- Rédiger la référence complète. Indiquez le code, le lieu exact et l’édition, par exemple FCA terminal de Lyon, Incoterms 2020.
- Écarter les règles obsolètes. DDU, DAF, DES et DEQ ne figurent plus dans la nomenclature Incoterms 2020. Si un partenaire utilise encore l’un de ces termes, précisez la répartition recherchée et retenez une règle actuelle.
- Aligner les documents. Le contrat de vente, la facture, le bon de commande, le contrat de transport et les déclarations douanières doivent reprendre la même définition du terme.
- Traiter séparément les points non couverts. Prévoyez des clauses sur le transfert de propriété, le paiement, les délais, les pénalités, les documents, l’assurance et le règlement des litiges.
- Vérifier les coûts de destination. Identifiez le payeur du déchargement, des frais de terminal, des contrôles, des droits, de la TVA et des prestations locales.
- Demander une validation spécialisée. Un accompagnement Incoterms par un commissionnaire, un juriste du commerce international ou un assureur réduit les ambiguïtés lorsque les enjeux sont élevés.
Quels repères économiques prendre en compte pour le commerce international ?
Les Incoterms s’inscrivent dans un contexte où la maîtrise des coûts, la fiabilité de la livraison et la gestion des risques influencent les décisions de transport international. Ces indicateurs économiques éclairent l’environnement des entreprises, mais ils ne permettent pas de choisir automatiquement un terme pour une opération donnée.
Selon l’Insee, le solde du commerce extérieur français s’est établi à -14,4 milliards d’euros en 2025. Les exportations françaises de biens et services ont atteint 1 009,4 milliards d’euros, tandis que les services de transport et d’entreposage représentaient 55,2 milliards d’euros dans les échanges extérieurs de biens et services. Ces données décrivent un cadre général, sans déterminer les obligations d’un vendeur ou d’un acheteur particulier.
Les évolutions des modes de transport sont également contrastées. Selon Eurostat, le transport fluvial de marchandises dans l’Union européenne a diminué de 3,0 % en 2025 par rapport à 2024, et le transport international représentait 54,7 % de la performance mesurée en tonnes-kilomètres. Le transport ferroviaire de marchandises a reculé de 1,8 % sur la même période. Le mode retenu et la destination restent donc des critères contractuels à examiner au cas par cas.
Quelles ressources consulter pour approfondir les Incoterms ?
Après avoir choisi un terme, l’entreprise peut approfondir les garanties applicables aux marchandises et comparer les solutions d’assurance transport. L’assurance n’est pas automatiquement obligatoire avec tous les Incoterms : elle doit correspondre à la règle choisie, au transfert des risques, au trajet et aux exigences du contrat.
- assurance facultés pour comprendre la protection des marchandises transportées ;
- un accompagnement Incoterms auprès d’un professionnel lorsque la livraison implique plusieurs modes de transport ou pays ;
- une comparaison de devis d’assurance transport pour vérifier les franchises, exclusions, plafonds et extensions proposées ;
- chauffe eau garantie décennale ;
- assurance décennale immédiate ;
- lettre type resiliation assurance multirisque professionnelle ;
- assurance local professionnel obligatoire.
Questions fréquentes sur les Incoterms
Les réponses suivantes précisent le statut contractuel des Incoterms, leur évolution, la répartition des droits et taxes et la portée de l’assurance. Elles complètent le guide sans remplacer une analyse du contrat de vente et du transport.
Les Incoterms 2020 sont-ils obligatoires dans un contrat de vente ? Non, la loi n’impose pas leur utilisation. Ils deviennent toutefois contractuels dès lors que le vendeur et l’acheteur les intègrent au contrat avec un lieu et une édition clairement définis.
Les Incoterms changent-ils automatiquement tous les cinq ans ? Non. La Chambre de commerce internationale ne met pas automatiquement à jour les règles selon un calendrier quinquennal. En 2026, Incoterms 2020 reste la dernière édition officielle identifiée.
Qui paie les droits de douane et la TVA sous DAP ? Sous DAP, l’acheteur accomplit généralement l’importation et paie les droits, la TVA et les frais associés. DDP transfère ces formalités et coûts au vendeur, sous réserve de la faisabilité locale et des frais de déchargement prévus au contrat.
Peut-on encore utiliser DDU ou DAF dans un nouveau contrat ? Ces termes sont obsolètes dans les Incoterms 2020. DDU, recherché sous les expressions DDU Incoterms, DDU Incoterm 2025 ou Incoterm DDU 2025, doit être remplacé par DAP, DPU ou une autre règle actuelle correspondant à la livraison recherchée. DAF Incoterm renvoie également à une ancienne règle.
Quelle différence existe entre CIF et CIP pour l’assurance ? Les deux règles imposent une assurance au vendeur, mais elles ne couvrent pas le même type de transport et n’impliquent pas le même niveau de couverture. CIF s’applique au maritime ou au fluvial, tandis que CIP concerne tous les modes de transport et prévoit une couverture généralement plus étendue.
Un Incoterm définit-il le transfert de propriété des marchandises ? Non. Le terme précise la livraison, les coûts et les risques, mais le transfert de propriété des marchandises doit être défini séparément dans le contrat de vente entre le vendeur et l’acheteur.