Découvrez les questions les plus fréquentes en Opérateur Télécoms
Rachat de SFR : quelles conséquences pour les consommateurs ?
Actualisation – novembre 2025 :
Le 15 octobre 2025, Altice France a rejeté l’offre de rachat conjointe de 17 milliards d’euros déposée par Bouygues Telecom, Free (Iliad) et Orange, destinée à reprendre la majeure partie des activités de SFR.
Cette offre valorisait Altice France autour de 21 milliards d’euros, soit environ 6,6 fois l’EBITDA, un niveau jugé insuffisant par les créanciers.
Malgré ce refus, les trois opérateurs maintiennent leur proposition et souhaitent poursuivre les discussions avec Altice et ses créanciers afin d’aboutir à une offre révisée.
Cette décision intervient alors qu’Altice sort tout juste de sa restructuration financière et que SFR continue de perdre des abonnés sur le fixe comme sur le mobile.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a déjà annoncé qu’il serait « extrêmement vigilant » sur les conséquences de toute opération pour les consommateurs, l’emploi et la souveraineté numérique.
|
Professionnels : anticipez dès maintenant vos besoins télécoms Comparez gratuitement les offres Internet, mobile et téléphonie d’entreprise. |
Une restructuration financière majeure pour Altice
Altice France a obtenu début août l’homologation de son plan de sauvegarde accélérée, ramenant sa dette de 24,1 à environ 15,5 milliards d’euros, en échange de 45 % du capital attribué aux créanciers.
La Cour d’appel de Paris a validé définitivement la procédure mi-septembre, levant le dernier obstacle juridique.
Toutefois, des recours déposés par plusieurs organisations syndicales et instances représentatives du personnel doivent encore être examinés, avec une audience fixée au 2 décembre 2025.
Le 1ᵉʳ octobre 2025 marque l’entrée en vigueur de la restructuration financière, avec report des principales échéances à 2028 et réduction des frais financiers d’environ 400 millions d’euros par an.
Cette opération ouvre désormais la voie à une cession progressive ou à une vente à la découpe de SFR, plutôt qu’un démantèlement immédiat. Plusieurs indices montrent d’ailleurs que la revente « à la découpe » de certains actifs (infrastructures, filiales, activités B2B) a déjà commencé, en parallèle des négociations globales.
Dans le même temps, SFR continue de perdre des abonnés (–400 000 mobiles et –120 000 fixes au 2ᵉ trimestre 2025) et Iliad (Free) a confirmé des « discussions très préliminaires » autour d’un éventuel rachat.
À ce stade, les abonnés ne subissent aucun changement immédiat, mais des transferts automatiques de contrats ou des évolutions tarifaires sont possibles à moyen terme.
Le rôle des créanciers
Les créanciers seniors, dont des acteurs comme Pimco, Fidelity ou BlackRock, détiennent désormais 31 % du capital d’Altice France. Ils disposent d’un droit de veto sur toute cession d’actifs supérieure à 3 milliards d’euros. Ce veto disparaît uniquement si la valorisation atteint au minimum 23,6 milliards d’euros (7 fois l’EBITDA), ce qui place la barre bien au-delà de l’offre actuelle de 17 milliards.
Deux administrateurs indépendants ont été imposés au conseil d’administration (Pierre-André de Chalendar, ex-Saint-Gobain, et Nick Read, ex-Vodafone), renforçant l’influence directe des créanciers.
Vers une vente ou un rachat de SFR en 2025 : les scénarios en cours
En octobre 2025, Bouygues Telecom, Free (Iliad) et Orange ont franchi une étape concrète en déposant une offre conjointe non engageante de 17 milliards d’euros pour acquérir la majeure partie des actifs d’Altice France / SFR.
Altice, par la voix de son PDG Arthur Dreyfuss, a immédiatement rejeté cette proposition, jugeant l’évaluation « insuffisante ». Les trois opérateurs ont néanmoins annoncé qu’ils maintenaient leur offre et souhaitaient poursuivre le dialogue avec Altice et ses actionnaires afin de la faire évoluer.
Dans leur proposition, la répartition envisagée était la suivante : 43 % pour Bouygues, 30 % pour Free, 27 % pour Orange, avec exclusion de certaines entités (Intelcia, UltraEdge, XP Fibre, activités outre-mer).
Ce plan structuré prévoyait également une répartition du pôle B2B (entre Bouygues et Free), tandis que les segments consommateurs, infrastructures et fréquences auraient été gérés conjointement
Malgré le rejet initial, une offre révisée ou ferme pourrait être déposée dans les prochaines semaines, notamment après concertation avec les créanciers, les instances représentatives du personnel et l’État.
Les syndicats du secteur télécoms ont déjà commencé à se mobiliser, évoquant un risque de 8 000 à 12 000 suppressions de postes en fonction du scénario retenu.
Abonnés : que faire si SFR est racheté ?
Anticipez dès maintenant les changements possibles. Comparez gratuitement les offres professionnelles (fibre, mobile, data) des principaux opérateurs :
Le rôle central de Patrick Drahi
Patrick Drahi, fondateur et actionnaire majoritaire d’Altice France, reste l’acteur clé du dossier. Il détient 55 % du capital d’Altice France après la conversion de dette-en-capital en 2025, les créanciers entrant à hauteur de 45 % du capital.
Son objectif est double : alléger la dette massive d’Altice tout en essayant de conserver le contrôle du groupe. Mais ses créanciers ont fixé un ultimatum : « si Patrick Drahi ne cède pas SFR sous deux ans, on le sort ».
Cette pression externe pèse sur sa capacité à bloquer indéfiniment un rachat.
De plus, la stratégie de vente « à la découpe » de SFR, largement évoquée, apparaît comme un compromis entre ses exigences et la volonté des créanciers de récupérer leurs actifs.
Ainsi, la sortie éventuelle de Patrick Drahi ou la dilution de son contrôle apparaît comme l’un des scénarios les plus probables à moyen terme.
Rachat SFR : enjeux réglementaires
Le ministre des Finances, Roland Lescure, a déjà averti qu’il sera « extrêmement vigilant » quant à l’impact sur les prix pour les consommateurs et la qualité de service si une reprise devait se concrétiser.
En cas de rachat par un acteur étranger, le gouvernement pourrait activer le dispositif de contrôle des investissements étrangers en France (IEF) et opposer son veto, ou exiger des engagements sur la sécurité des réseaux et la souveraineté numérique.
De plus, l’ARCEP et l’Autorité de la concurrence observent déjà la situation, avec la possibilité d’imposer des conditions strictes : cession de fréquences, limitation des regroupements, maintien d’une concurrence effective.
Conséquences pour les clients apres rachat
Pour l’instant, aucune migration ou transfert de contrats n’a été engagé, puisqu’aucune offre n’a été acceptée. Cependant, si un rachat ou une vente à la découpe se concrétise, des modifications pourraient survenir concernant les offres, les tarifs ou les services proposés.
RED by SFR est particulièrement exposé : son avenir dépendra des éventuels accords entre Free et Bouygues, qui se disputent cette marque low-cost très rentable.
Voici des exemples de scénario possible :
- Migration forcée vers un autre opérateur : Les clients SFR devront changer d’opérateur, leurs contrats et abonnements seront transférés vers un ou plusieurs repreneurs (Bouygues, Free, Orange, voire acteurs étrangers ou fonds d’investissement), selon l’issue de la vente ou du démantèlement de SFR avec une harmonisation tarifaire. Cette migration pourrait être automatique, sans possibilité de conserver les anciennes offres ou conditions. Vous pouvez consulter ce guide de Selectra pour savoir comment fonctionne un changement d'opérateur internet.
- Modification ou disparition des offres actuelles : Les forfaits et services SFR (mobile, fibre, box, RED by SFR, etc.) risquent d’être supprimés ou profondément modifiés. Certaines offres pourraient disparaître du jour au lendemain, obligeant les clients à choisir parmi les catalogues des nouveaux opérateurs.
- Hausse des prix possible : La réduction du nombre d’acteurs majeurs sur le marché pourrait entraîner une hausse des prix, notamment sur les offres low cost. La pression concurrentielle diminuerait, et les repreneurs pourraient profiter de la situation pour revoir leurs tarifs à la hausse.
- Qualité de service et service client dégradés pendant la transition : La période de transition pourrait s’accompagner de perturbations : difficultés à joindre le service client, délais de traitement allongés, incertitudes sur la continuité des services (accès Internet, mobile, etc.).
- Transfert des données et des numéros : Les clients devront surveiller leurs communications (email, SMS) pour être informés des modalités de transfert. Il est recommandé d’anticiper d’éventuelles démarches administratives, notamment pour conserver son numéro ou ses services essentiels.
Découvrez d'autres questions en Opérateur Télécoms :
Pour plus d'informations en Opérateur Télécoms retrouvez notre guide d'achat
